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12.04.2008

Alors le MoDem, c'est foutu ?

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Derrière ce titre un rien provocateur, je désire évoquer ici les soubresauts médiatico-politico-juridico-financiers qui agitent le MoDem. Je vous rassure (où je vais décevoir certains ^_^), nous sommes protégés de ces remous au niveau bondynois. Néanmoins, tout n'est pas rose tant  à l'échelon départemental que national. Il faut le reconnaître en toute transparence. Créer une nouvelle formation politique avec un nouveau discours, un nouveau positionnement ne se fait pas en un claquement de doigts ni même en 6 mois.

Les 50000 nouveaux adhérents recrutés en quelques semaines sur internet, sur l'élan des présidentielles, ont sans doute fait croire un peu vite à certains que tout allait être facile pour le MoDem. Bah c'est raté !

En effet, le désengagement brutal entre les deux tours des présidentielles de la plupart des députés UDF, qui cherchaient à protéger leur mandat dans la perspective des législatives, était le signe annonciateur des difficultés qui nous attendaient. Une deuxième vague de "notables" UDF, au premier chef desquels Cavada, a quitté le navire pour satisfaire des ambitions "municipales" et la troisième vague, les sénateurs, se dessine actuellement dans le sillage de Arthuis et Mercier qui à leur tour cherchent à "se protéger" en vue des sénatoriales. Pas glorieux tout ça, mais face aux pressions de l'UMP et compte tenu d'une culture politique centre-droit majoritaire chez ces caciques de l'UDF, le positionnement plus "à gauche" du MoDem a de quoi leur donner de l'urticaire !

Par ailleurs, on ne peut nier aussi que ce désengagement massif de nos têtes d'affiche est sans doute lié à un exercice sans doute trop solitaire du pouvoir exercé par le couple Bayrou-de Sarnez. Les Lagarde, les Cavada, les Arthuis n'ont eu de cesse de clamer leur incompréhension face à la stratégie de François Bayrou. Stratégie que ce dernier n'aurait jamais pris la peine de leurs expliquer. Il y a sans doute une part de vérité dans cet alibi récurrent des "déserteurs". Il est clair que le MoDem, sans être la secte décrite de façon caricaturale et malhonnête par certains, est excessivement "Bayrou-centré" et souvent beaucoup moins transparent et démocratique qu'il ne se prétend : un siège, rue de l'université, qui joue trop souvent "la grande muette" face aux interrogations des militants; des investitures aux municipales faites dans des conditions parfois peu transparentes; des élections au conseil national dont les conditions d'organisation frôlaient l'amateurisme quand ce n'était pas le conflits d'intérêts, notamment avec des permanents du siège en charge de l'organisation et par ailleurs candidats !

Vous l'aurez compris, ce n'est pas tous les jours au facile au MoDem ! Je reste pourtant optimiste car je ne suis pas surpris par ce tableau relativement noir mais prévisible au regard du projet ambitieux que nous portons. D'ailleurs, l'Elysée et l'UMP, une frange du PS aussi, ne s'y trompent pas : Bayrou et le MoDem sont les cibles à abattre ! La stratégie de nos adversaires est claire (ouvrons les guillemets) "ils sont affaiblis, tuons les avant qu'ils ne construisent les structures et ne définissent la ligne politique d'un vrai parti qui sera alors extrêmement dangereux lors des prochains scrutins, à commencer par les européennes." (fermons les guillemets).

Je vous invite d'ailleurs à consulter l'article du Monde du 10 avril dernier sur la note interne de l'Elysée qui est édifiante sur les intentions de Nicolas Sarkozy envers Bayrou et le MoDem ! De plus, le PS n'a pas de meilleurs sentiments à notre égard. Toutefois, la situation concernant le PS est moins tranchée qu'à l'UMP : le niet catégorique d'un Bartolone, qui est "passé au rouge" pour arracher le conseil général du 93 aux communistes, cotoie le "je t'aime moi non plus "d'un Delanoë et le projet d'alliance - mal récompensé - d'un Rebsamen à Dijon. Il faudra attendre le prochain congrès des socialistes pour y voir plus clair.

Comme il faudra attendre les élections fédérales du MoDem pour pouvoir enfin prendre du recul et définir enfin ce qu'est le projet politique, la vision de notre société que nous devons proposer aux français. Reconnaissons-le, entre la disparition médiatique de François Bayrou après les présidentielles - bien "aidé" par la main mise sarkozyienne sur les médias - et le grand écart politique réalisé par les candidats MoDem aux municipales (des alliances allant de l'UMP au PCF!), nous sommes devenus illisibles pour les électeurs. La stratégie "tout azimut" développée lors des municipales nous a fait perdre le fil. Les électeurs comme les médias ne voyaient plus le projet porté par les candidats MoDem mais simplement le jeu des alliances. Il n'aurait fallu constituer que des listes autonomes - comme nous l'avons d'ailleurs fait à Bondy - quitte à se passer de quelques sièges dans les conseils municipaux. Le projet du MoDem s'inscrit dans un développement de moyen terme, or nous avons joué le court terme ! Il va nous falloir travailler sur la discipline interne et la cohérence de notre formation politique. Que ce soit au niveau national ou départemental. Sur ce dernier point, je vous invite à lire mon blog dans les prochains jours car il sera question du cas particulier du MoDem en Seine-Saint-Denis : croyez moi, ce sera passionnant, un vrai western !

Ah j'oubliais, pour conclure, je vous donne ma réponse à la question-titre : c'est non ! Il faut juste se mettre au travail avec un esprit critique mais constructif. Et surtout ne pas faire comme quelques blogueurs qui clament leur désamours après avoir été les hérauts intransigeants du "bayrouisme".

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