01.06.2008

HLM : la mixité sociale, un voeu pieu ?

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Christine Boutin, le 15 mai dernier, a instauré un nouveau dispositif, le "surloyer progressif". Ce supplément de loyer sera appliqué aux locataires du parc social ayant des revenus moyens ou supérieurs. Par exemple, un couple avec deux enfants, à Paris et dans les villes limitrophes, dispose de revenu excédant les plafonds de ressources de 50%, soit 6 177 € mensuel et acquitte, dans le parc social pour un 60 m², un loyer de 422€ par mois et un surloyer de 100 €. Après la réforme du SLS, le nouveau surloyer sera de 311€, portant le loyer du ménage à 733€. Dans le parc privé, le loyer acquitté serait de l’ordre de 1 200€.

L'intention semble louable de prime abord... Ce dispositif veut résorber le problème de l'accès au logement pour les plus défavorisés en "chassant" les moins défavorisés, c'est à dire les "classes moyennes". J'ai choisi volontairement un exemple favorable au dispositif pour ne pas être taxé de subjectivité mais il est clair qu'un tel dispositif va à l'encontre de la mixité sociale :

- les ménages aux revenus moyens seront poussés vers le parc privé mais auront-ils les moyens de se loger décemment aux prix actuels ? j'en doute.

- la mesure n'est ni sociale, ni équitable, car les familles concernées devront habiter plus loin de leur lieu de travail, recourir à un endettement supplémentaire, bref accepter de diminuer leur niveau de vie.

Une fois de plus, en Sarkozye, les classes moyennes sont la variable d'ajustement de politiques populistes et démagogiques. Il est bien plus simple de "pondre" un tel dispositif que de penser une véritable réforme du foncier, de la fiscalité et de l'urbanisme. 

19.11.2007

Désengorger la circulation urbaine...

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...semble une gageure quand on voit le faible succès du covoiturage en ces temps de grève.

Faute de train à des horaires réguliers pour me conduire sur mon lieu de travail, en plein centre de Paris, j'ai repris le scooter, moyen de locomotion que je pratiquais il y a une dizaine d'années. On rajeunit comme on peut #^_^#. Depuis 4 jours je ne cesse de doubler des voitures qui n'ont qu'un seul occupant. A vue de nez, le covoiturage ne doit concerner qu'un véhicule sur vingt (et encore, je suis généreux). Sur l'intranet de ma boîte, nous avons mis en place un site de covoiturage... Là aussi, le bide.

Je ne vais pas me livrer ici à une grande tirade philosophico-humaniste sur la nécessité de revenir à plus de sens collectif, plus d'entraide, plus d'écoute de l'autre. De bien belles aspirations qui n'auront pas d'effet positif à court terme sur une circulation francilienne qui, même en l'absence de conflits sociaux, est totalement engorgée.

La solution ne pourrait-elle pas se trouver dans la promotion des véhicules à deux roues ? Je ne pense pas seulement aux Vélib' mais aussi, et surtout, aux scooters. Un moyen de transports simple, relativement bon marché, et qui s'avère diablement efficace, croyez-en mon expérience actuelle ! Je mets actuellement 45 minutes pour rejoindre le 1er arrondissement de Paris depuis Bondy contre au minimum 2 heures avec une voiture ou l'un des rares RER et métro qui consentiraient à passer à ma portée. Et une incomparable sécurité par rapport aux bicyclette : des freins, un véritable éclairage et une capacité d'accélération qui me protège de bien des accidents dont les cyclistes souffrent en ces temps où les automobilistes voient rouge pour un oui ou un non. Mais l'argument définitif reste la rapidité : avec un scooter on comprime le temps. Là où, en automobile, l'on peut caser péniblement un rendez-vous sur son agenda, on en fera deux ou trois sans problème avec son scooter ! A l'époque du haut débit, de la 3G et, bientôt, de la fibre optique, le scooter est plus que jamais tendance... en total respect des limitations de vitesse !

Alors, n'en déplaise à Denis Baupin, élu municipal vert de paris, qui clame que les scooters polluent (ce qui est faux comparé aux émanations polluantes des moteurs de voitures d'une cylindrée 10 à 15 fois supérieure), j'estime qu'il faut prendre en compte le recours aux deux-roues motorisés dans la politique de la ville.

Une politique de la ville qui déciderait enfin de lutter de manière pragmatique et efficace contre l'engorgement de la circulation urbaine, les faiblesses endémiques des transports collectifs (absence d'interconnexion, manque de confort, régularité erratique...) et la pollution automobile. Favoriser la circulation des scooters, favoriser le renouvellement du parc de scooters pour plus de véhicules sûrs, silencieux et faiblement polluants, favoriser la formation des scooteristes, voilà une voie que les élus de la région parisienne devraient explorer.